« ... Ils sont tous les quatre excellents. Ils ont la vitesse et la précision, la puissance et la vitalité, l’habitude et suffisamment de connaissance technique pour faire une excellente analyse tactique et stratégique de la situation. Moi, j’ai le bonheur d’être là et j’ai cette certitude que la solution harmonieuse au problème que nous nous posons les armes à la main se trouve à ce point que je perçois, là-bas, dans un espace que je sais être mais dont j’ignore le lieu. Je laisse la conscience du groupe que nous formons ensemble décider du temps de l’échange, je laisse ma conscience corporelle décider de la forme qu’elle veut donner à notre conversation, je laisse ma conscience mentale rejoindre le point oméga, et je sens les pulsations de l’univers. Puis l’espace s’ébranle lentement et le temps s’entrouvre, abandonnant sa rigidité pour une souplesse inouïe. Ma conscience corporelle glisse une main de fer dans l’ouverture et fait passer mon sabre dans le vide ainsi créé. Ils me regardent alors que je contemple, au loin, les limites du monde visible. Ils attendent la déflagration qui va les jeter en avant dans l’attaque et cherchent déjà la pointe de mon sabre sur laquelle ils vont pouvoir se pourfendre, ouvrant ainsi, encore une fois, l’espace de leur conscience, chacun plein du désir inénarrable de sentir son âme venir vers soi. L’éclair jaillit et les sourires apparaissent sur les visages alors qu’à l’intérieur, les coeurs battent à tout rompre et le sang bout sous l’effet du mouvement de l’énergie. Mon sabre redescend et se connecte avec la terre et je retrouve avec étonnement mon corps que je croyais avoir quitté. Je remercie Kobayashi Sensei, mon maître, de m’avoir ouvert une telle voie et Gitta Malasz de m’avoir donné le courage de l’écrire. »
| Auteur : André Cognard |


