Académie autonome d'aikido Kobayashi Hirokazu

  • Full Screen
  • Wide Screen
  • Narrow Screen
  • Increase font size
  • Default font size
  • Decrease font size

Le blog de 3aKH

Aïkidoka professionnel ou amateur !

Envoyer Imprimer

Article paru dans AikidoJournal numéro 33 de janvier 2010

Voici une question qui anime un débat implicite. Je pense qu’il est nécessaire de la poser clairement d’autant plus que, dans nombres d’articles et d’interview, même dans ce journal, de petites phrases allusives laissent assez fréquemment entendre qu’être amateur, c’est rester dans sa pratique libre des contingences matérielles. On ne risque pas ainsi d’être soupçonné de faire de l’argent. Au contraire, l’on peut parfois entendre que les professionnels ne sont pas libres, en tout cas, pas clairs car ils ont des objectifs financiers.

A l’opposé de ces considérations, le mot professionnel bénéficie parfois d’une aura de compétence quand le mot amateur risque d’induire des présupposés péjoratifs.

Mon propos n’est pas de dire qu’il est préférable d’être professionnel ou préférable d’être amateur. Il consiste à faire part de ma réflexion et de mon expérience dans le domaine puisque je suis moi-même un professionnel de l’aïkido depuis plus de trente ans. Dans un premier temps, je me bornerai à constater qu’heureusement, les deux conditions de professionnel et d’amateur cohabitent dans l’aïkido et qu’il n’y a pas besoin d’une réflexion très poussée pour comprendre qu’elles sont nécessaires l’une à l’autre.
Mais j’ai plaisir à tordre le cou à des lieux communs aussi éculés que ceux évoqués plus haut. Il existe des amateurismes qui sont du niveau de l’expertise et au contraire, des professionnels frisant la nullité absolue dans tous les domaines. L’honnêteté, la rectitude morale et l’intégrité ne se mesurent pas à l’aune du bénévolat qui peut parfois recouvrir des pratiques bien plus douteuses que l’exercice professionnel. Être professionnel ne fait pas automatiquement d’un homme un commerçant sans scrupule, motivé exclusivement par l’appât du gain, et il faut dire aussi que chacun d’entre nous a recours quotidiennement à des commerçants qui rendent des services précieux de manière très honnête. Ne nous laissons pas influencer par le caractère péjoratif que prend souvent le mot « commerçant » dans notre société. Je parle bien sûr de tous les métiers du monde et aussi de celui de professeur d’aïkido, et je veux dire que même si je considère que l’exercice de la profession d’enseignant d’aïkido ne peut en aucun cas être un commerce, cela ne signifie pas pour moi que le commerce est forcément soupçonnable de manque d’étique et d’intégrité. Il y a dans certains commerces du « donnant donnant » qui confine au « donner recevoir » dans le meilleur sens de l’expression, et il ne suffit pas à mes yeux d’être amateur ou bénévole pour infléchir cette relation en en faisant un « je donne sans rien attendre ». Il peut exister des modes de rémunération morale qui sont d’autant plus discutables qu’ils restent implicites, voire inconscients et qu’ils ont le travers de créer une dette inextinguible envers le prétendu donneur désintéressé. En ce qui concerne le métier d’enseignant d’aïkido cela me semble très préjudiciable pour les élèves. Toute relation doit être basée sur un équilibre, la pratique même le démontre, et la liberté est à ce prix. Ce n’est pas là une manière de jeter un doute sur l’intégrité de l’amateur mais bien de dire qu’il n’y a pas de lien direct entre amateurisme, professionnalisme et désintéressement.

Lire la suite...

Do et Aïkitaiso

Envoyer Imprimer

Article paru dans AikidoJournal numéro 31 de septembre 2009

L’idée de do n’est certes pas une nouveauté dans le monde des arts martiaux et en particulier dans celui de l’aikido. Pourtant, je me demande souvent à la lecture de certains articles, y compris ici dans aikidojournal, si ce concept a encore un sens pour certains pratiquants. Loin de moi l’idée de faire l’éloge d’un aikido traditionnel par rapport à un aikido sportif, le mot tradition servant souvent de prétexte à des polémiques stériles et la tradition n’étant pas en soi une panacée légitimant à coup sûr une pratique. Il en est d’illustres que l’on ne saurait approuver. La tradition n’est pas non plus une garantie quant à la valeur spirituelle d’une pratique, car c’est bien de cela dont il s’agit quand on parle de voie : une pratique spirituelle. J’ai déjà écrit sur la question religieuse, dans ces colonnes mêmes, mais je ne peux faire l’économie de le dire encore une fois, que pour moi, spiritualité et religion sont des concepts bien différents. L’une, la spiritualité est le fait de l’anthropos. Elle existe depuis que l’humain existe. L’autre, la religion est avant tout ethnique et s’inscrit dans la culture au travers de ce qui caractérise l’objet ethnologique, la langue. Je dis bien la langue et non pas la parole, et cette précision prendra toute son importance ci-après. La spiritualité n’est pas un objet ésotérique. Elle est simplement l’exercice de la conscience comme le miroir de la réalité. Aikido, « la voie qui mène à s’oublier » disait Kobayashi Sensei soulignant ainsi la nécessaire modération de l’ego. Contrairement à ce que nous disent les sports, les pratiques modernes et les techniques de développement personnel, il n’existe pas de liberté dans l’expression de soi, celle-ci étant conditionnée par les outils ethnologiques et culturels dont nous dépendons. Les tenants farouches pour leur liberté d’opinion peuvent toujours méditer sur le fait que celle-ci est conditionnée par les inconscients transgénérationnels, les inconscients sociaux et culturels, la conscience ancestrale, la conscience biologique et j’en passe. Leur revendication du droit de revendiquer n’est que l’expression de leur allégeance inconsciente et donc absolue à une loi qu’ils ignorent, précisément parce qu’ils ne suivent pas la voie : le monde se dit à travers eux et le monde s’exprime par geste. Ce qu’ils prennent, fort de leur ignorance, pour un critère de leur personnalité et expriment souvent de manière tonitruante, car bien sûr, ils sont très attachés à euxmêmes, n’est qu’un geste fait par une conscience qui les contient et dont ils ne connaissent pas l’existence. J’ai fait scandale en disant, dans le cadre de réunion politique, que la société produisait exactement le nombre d’enseignants dont elle a besoin mais aussi, exactement le nombre de délinquants, de criminels dont elle a besoin. Et bien, la voie propose de se remettre à la vie et de se laisser travailler par elle comme une pâte est pétrie par le boulanger. Elle propose cette harmonie qui s’obtient quand interdépendance rime avec compassion et solidarité, quand impermanence signifie « je suis mortel », quand non noumène impose la compréhension de la futilité de ce je que certains font reluire jusqu’à la déchirure, et quand « celui qui ferait de lui-même le vide serait maître de toutes les situations » se traduit bien par « étant mushotoku, sans intention ni pensée, je reste moi-même quand la vie me modèle pour dire l’essentiel, l’essence même » et non pas « je suis tout puissant grâce à ma technique supérieure qui fait de moi le maître du monde ».

Lire la suite...

Rencontre avec les arts martiaux

Envoyer Imprimer




Le 19 septembre 2009, aura lieu à la salle Jacques Estérel de Bourg Argental une soirée dédiée aux arts martiaux.

Cet évènement permettra aux personnes intéressées d'assister à des démonstrations d'arts martiaux chinois et japonais durant 20 à 30 minutes chacune, à partir de 20h00.

Les disciplines représentées : aikido, eventail, judo, karate, kendo, kung fu, tai chi chuan. Seront aussi présents des clowns martiaux.

Découvrez le site dédié à cet évènement : http://artsmartiaux.aikido.fr


AikidoJournal numéro 29

Envoyer Imprimer

Article paru dans AikidoJournal numéro 29 de janvier 2009

La publication sur internet d’une lettre de Ueshiba Morihei Sensei à Okawa Shumei, une des figures des ultranationalistes japonais a donné lieu à un débat animé autour de la question : Ueshiba Sensei fréquentait-il les fascistes, et bien entendu, avait-il un engagement politique de cet ordre ?

N’étant pas du tout compétent en histoire et philosophie politique, je me garderai bien de tenter de répondre à une telle question. Je préfère donner un point de vue, puisque c’est le sens de cette rubrique, sur ce que j’appellerai le syndrome de la blancheur qui affectent nombre de personnes quand on aborde le sujet d’O Sensei. Le lecteur voudra bien m’excuser si cela prend parfois le tour d’un billet d’humeur. Le fait que j’aborde le sujet sous cet angle ne signifie pas que je dénie à d’autres le droit de s’intéresser à ces questions et d’essayer de démêler l’histoire d’O Sensei. Il est vrai qu’Ueshiba Morihei est un personnage haut en couleur auréolé de légendes. Cela ne me semble pas dommageable en soi, si ce n’est par le fait que bien souvent, l’on ne différencie guère la vérité et la légende. Or, j’ai déjà eu l’opportunité de le dire dans ce journal, le propre des arts martiaux, c’est de tracer une ligne claire entre le fantasme, certaines productions imaginaires de la conscience psychique, et la réalité. Je vais citer à nouveau mon maître, Kobayashi Hirokazu : « Celui qui remporte la victoire, c’est celui qui voit le réel ». L’introduction de la mortalité comme une évidence en soi par la nature martiale de la pratique crée ce sentiment de finitude propre à nous faire sortir de la toute puissance et, partant, des fantasmes qui l’accompagnent. L’idée de réel émise par Kobayashi Hirokazu Sensei est assortie de l’idée de finitude. Je vois dans les différentes légendes qui accompagnent O Sensei et d’autres grands maîtres d’arts martiaux une manière de récuser cette finitude et de lutter contre les angoisses morbides que la martialité et l’issue incertaine de tout combat développent chez celui qui ne peut faire face à sa mort.

Lire la suite...

Les questions à ne pas poser à propos de la création de l’aïkido

Envoyer Imprimer

Article paru dans AikidoJournal numéro 27 de septembre 2008

Il m’a toujours semblé étrange que l’on insiste autant sur les rapports étroits, la quasi filiation de l’aïkido à Daïtoryu et à son illustre maitre Takeda Sokaku. Pourtant les relations entre ce dernier et Ueshiba Morihei Sensei furent pour le moins houleuses. Il n’est qu’à lire certaines biographies d’O Sensei pour être tenté de croire que Takeda Sensei était un maître envahissant, peu amène, qui aurait persécuté son élève Ueshiba pour en tirer des subsides. Je crois peu à cette version des faits. Pourtant, il me semble difficile d’établir une corrélation entre cet homme à la réputation de guerrier inflexible, de samuraï indomptable et la compassion à laquelle l’aïkido prétendit après guerre. Ajoutons à cela que pour attribuer la grand-paternité de l’aïkido à Takeda Sokaku, il faut faire peu de cas des apprentis-sages auxquels s’était soumis Ueshiba Sensei avant de rencontrer celuici et ignorer que le corps se forme dans la durée et qu’il est profondément marqué par ses premiers gestes comme la conscience garde l’empreinte de ses premiers enseigne-ments. En effet, certaines phrases sibyllines relevées au hasard de ses biographies telles que : « Dés l’âge de sept ans il étudiera le confucianisme et le bouddhisme au temple de Jizodera et subira l’influence spirituelle et psychique de son maître d’école Nasu Tasaburo qui deviendra par la suite une grande personnalité religieuse» ne montrent-elles pas des champs d’influences bien différents de Daitoryu.

Lire la suite...

Page 1 sur 4

  • «
  •  Début 
  •  Précédent 
  •  1 
  •  2 
  •  3 
  •  4 
  •  Suivant 
  •  Fin 
  • »
Vous êtes ici : Blog