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Aikishintaiso

J’ai décidé d’utiliser le terme Aikishintaiso après avoir consulté un certains nombre d’entre vous et diverses sources historiques. Indubitablement, l’aikitaiso provient au moins en partie de l’Aiki In Yo Ho, doctrine de l’harmonie spirituelle fondée sur le yin – yang d’origine confucianiste qui est enseignée dans le clan Takeda depuis Takeda Takumi No Kami Soemon (1758 – 1853).

aikishintaisoTakeda Sokaku nommait sa pratique l’aikishintaiso. J’ignore en vérité pourquoi Ueshiba Morihei a laissé tombé le « shin » mais je pense qu’il est intéressant de le rétablir. Ce mot a différents sens et s’écrit avec des idéogrammes différents selon le sens choisi. Outre « shin » pris au sens de nouveau, il peut désigner l’âme, l’esprit, la conscience psychique (par exemple seishingaku, psychanalyse), le coeur (kokoro coeur au sens des émotions). J’ai choisi d’utiliser l’idéogramme « shin » au sens de kokoro car les sentiments sont l’interface entre le corps et la conscience psychique et ont à la fois une réalité matérielle et spirituelle. Le sentiment d’exister est une clé dans la réponse à la problématique identitaire et en ce sens constitue un des deux axes principaux de notre pratique.

aikishintaisoL’Aikishintaiso est sans aucun doute en lien avec d’autres pratiques comme l’Ommyodo, le Seitai Jutsu, le Shugendo et bien entendu le Zen. Toutes ces voies ont en commun, même si les points de vue entre elles peuvent parfois différer, la nécessité de développer la sensibilité que ce soit la sensibilité à la nature et au mouvement universel, que ce soit la sensibilité proprioceptive, que ce soit la sensibilité émotionnelle et intuitive. Que pourrait bien être la compassion sans celle-ci ?
Kobayashi Sensei m’a constamment répété qu’il fallait développer la perception sensible et intuitive. Il insistait sur l’importance d’être ensemble en silence pour privilégier cette voie de communication.

L’autre axe important est la notion de voie. Récemment, un important Sensei de la Yagyu Shinkage Ryu faisait remarquer à certains de mes élèves que « michi ou pas michi, cela changeait tout ». Il n’est pas possible d’ajouter « do » après taiso mais il ne me semble pas non plus opportun de renoncer à l’expression taiso. C’est pourquoi j’ai décidé de nommer la pratique aikishintaiso no michi, michi étant l’équivalent de do. Il est bien évident que, par commodité, l’usage courant consacrera « aikishintaiso » voir même « shintaiso ». Mais, l’ajout de michi permet de souligner qu’il s’agit d’une voie du coeur.

Hormis les raisons historiques, j’opte pour ce changement partiel de nom pour signifier clairement que la recherche entreprise avec Sensei, puis sans lui, est arrivée en ce qui me concerne à un palier significatif.

Il est temps de diffuser la pratique et donc de former de nombreux enseignants. C’est une lourde responsabilité de conduire quelqu’un sur cette voie et j’ai à coeur de préparer les enseignants, tant sur le plan corporel qu’intellectuel et spirituel. Les formations qui vous seront proposées incluent toujours ces trois aspects.

Cognard Shihan